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Evolitis Assurances
Vue large d'un chantier urbain en fin de gros œuvre, grue et échafaudages, véhicules d'entreprise stationnés le long de la clôture

Assurance BTP : les garanties d'une entreprise du bâtiment

Une seule de ces garanties vous est imposée en tant que constructeur : la décennale. Les sept autres se décident, selon ce que vous construisez, ce que vous possédez et le nombre de personnes que vous employez.

« Assurance BTP » ne désigne aucun contrat en particulier. C'est un ensemble : un socle imposé par la loi, puis des garanties que chaque entreprise ajoute au fil de ce qu'elle possède, de ce qu'elle emploie et de ce qu'elle construit. Une entreprise de peinture de trois personnes et un groupe de génie civil de deux cents salariés n'ont ni le même socle utile, ni le même ordre de priorité. Cette page sert à ranger les huit garanties que nous plaçons pour nos clients : ce qu'elles couvrent, à quel moment de la vie de l'entreprise elles deviennent utiles, et laquelle vous est imposée en tant que constructeur — une seule sur les huit. Chacune est ensuite traitée en détail sur sa propre page, avec ses exclusions et ses conditions de souscription. Ici, on regarde l'ensemble.

Une obligation, sept décisions

La loi n'impose qu'une chose à une entreprise qui construit : l'assurance de responsabilité décennale. L'article L. 241-1 du Code des assurances, issu de la loi Spinetta du 4 janvier 1978, oblige toute entreprise dont la responsabilité décennale peut être engagée à propos de travaux de bâtiment à être en mesure de justifier de sa garantie à l'ouverture de tout chantier. L'article L. 243-1-1 place hors de cette obligation les ouvrages maritimes, fluviaux, routiers, ferroviaires, portuaires et aéroportuaires ainsi que les ouvrages de traitement des déchets et des effluents ; il en exclut aussi les voiries, parcs de stationnement, réseaux divers, canalisations, lignes et câbles et leurs supports, mais cette seconde série redevient soumise à l'obligation lorsqu'elle est accessoire à un ouvrage qui y est lui-même soumis. Les sept autres garanties de cette page ne sont commandées par aucun texte propre à la construction. Deux précisions comptent. La dommages-ouvrage est elle aussi imposée par la loi, mais elle pèse sur le maître d'ouvrage, celui qui fait construire : vous n'êtes concerné que si vous montez l'opération pour vous-même ou pour la revente. Et vos véhicules doivent être assurés comme tout véhicule terrestre à moteur (article L. 211-1), une règle de droit commun et non une obligation propre au bâtiment.

L'ordre dans lequel elles arrivent

Dans la vie réelle d'une entreprise, ces garanties n'apparaissent pas toutes en même temps. La décennale vient en premier, pour une raison très concrète : sans attestation, aucun donneur d'ordre sérieux ne vous ouvre son chantier, et beaucoup la réclament avant même le devis. Vient ensuite ce que vous possédez : le premier utilitaire, le premier local, la première machine. Puis ce que vous exposez sur le chantier lui-même, lorsque les montants engagés dépassent ce que votre trésorerie peut absorber seule. Le cyber et la RC produits arrivent plus tard, quand l'entreprise gère des données sensibles ou fournit des matériaux qu'elle ne pose pas.

Ce que la taille change

À trois personnes, la question tient en deux contrats. À trente, elle change de nature. Le nombre de salariés fait entrer la RC exploitation dans le champ utile : plus il y a de mains sur un chantier, plus la probabilité d'un dommage causé à un tiers ou au bâtiment existant augmente. La sous-traitance déplace la responsabilité vers vous, qui répondez de vos sous-traitants devant le maître d'ouvrage. Le chiffre d'affaires, lui, fait bouger les plafonds : une couverture calée sur des chantiers à 50 000 € ne suit pas quand vous en signez à 800 000 €. C'est l'oubli le plus fréquent : les contrats vieillissent moins vite que l'entreprise.

Ce que l'activité change

Deux entreprises de même taille n'ont pas les mêmes priorités après la décennale. Un terrassier ou un poseur de réseaux place la RC exploitation et le volet environnement très haut : sectionner une conduite de gaz ou répandre des hydrocarbures ne relève pas du décennal. Un négociant en matériaux regarde d'abord la RC produits, parce que son risque part avec la livraison. Un exploitant d'entrepôt raisonne en valeur d'actif et en continuité d'exploitation. Un peintre ou un poseur de revêtements, dont une partie des travaux sort du champ décennal, a surtout besoin d'une RC professionnelle solide et d'une couverture de son outillage. L'ordre suit le risque dominant du métier, pas une liste standard.

Les trous de couverture les plus fréquents

Trois lacunes reviennent chez les entreprises dont nous reprenons les contrats. La première : croire que la décennale couvre le matériel. Elle répond de l'ouvrage, jamais de la nacelle volée sur le chantier ni du compresseur détruit dans l'incendie du dépôt. La deuxième : le dommage causé avant la réception. Une inondation provoquée chez le client pendant les travaux n'est pas un désordre décennal, elle relève de la responsabilité civile. La troisième : les dommages aux existants, c'est-à-dire à la partie du bâtiment que vous n'avez pas construite. Cette garantie fait souvent l'objet d'une extension distincte, avec son propre plafond, à vérifier avant un chantier de rénovation plutôt qu'après.

Un contrat ou plusieurs, et à quelles dates

Peu d'assureurs traitent bien les huit sujets à la fois. En pratique, une entreprise du BTP vit avec deux à quatre contrats, parfois chez des porteurs différents, et cela n'a rien d'anormal : le marché de la décennale et celui de la flotte n'obéissent pas aux mêmes logiques. Ce qui compte, c'est de savoir ce que chacun couvre et de connaître ses dates. L'article L. 113-12 du Code des assurances prévoit une résiliation à l'échéance annuelle moyennant un préavis d'au moins deux mois, mais il autorise expressément à y déroger pour la couverture des risques autres que ceux des particuliers. Sur des contrats d'entreprise, le préavis réellement applicable — souvent trois à six mois — et la durée d'engagement sont ceux que fixent vos conditions générales : c'est là qu'il faut les lire avant de raisonner sur les dates. Rapprocher progressivement les échéances rend la comparaison possible une fois par an, au lieu de subir quatre renouvellements dispersés.

Exemple de sinistre

Un incendie pendant les travaux, dans un logement encore occupé

Une entreprise de rénovation de huit salariés intervient dans un appartement habité. Une meuleuse met le feu à des chutes d'isolant : deux pièces et le mobilier des occupants sont détruits. Les travaux n'étant pas réceptionnés, la décennale ne joue pas. C'est la responsabilité civile exploitation qui a vocation à répondre, ici pour environ 62 000 € — à condition que le contrat couvre les dommages par le feu et les biens confiés, souvent sous-limités et soumis à des conditions de prévention pour les travaux par point chaud. L'entreprise n'en avait souscrit aucune. Son outillage parti dans l'incendie, près de 9 000 €, n'était couvert par aucun de ses contrats. Une décennale parfaitement à jour n'aurait rien changé à ce dossier.

Questions fréquentes

Quelles assurances sont réellement obligatoires pour une entreprise du BTP ?

Une seule vous vise directement : l'assurance de responsabilité décennale, imposée par l'article L. 241-1 du Code des assurances. Les sept autres garanties présentées ici ne vous sont imposées par aucun texte propre à la construction. S'y ajoutent des obligations qui ne vous visent pas en tant que constructeur : assurer vos véhicules (art. L. 211-1), souscrire une dommages-ouvrage quand c'est vous le maître d'ouvrage de l'opération (art. L. 242-1), et, dès le premier salarié, financer la complémentaire santé collective et la prévoyance prévues par le Code de la sécurité sociale et les conventions collectives du BTP.

Par quelle garantie commencer quand on démarre ?

Par la décennale, pour une raison pratique autant que légale : l'attestation vous sera demandée avant votre premier chantier, parfois avant même de pouvoir remettre un devis. Le reste se construit ensuite, dans l'ordre de ce que vous acquérez : le véhicule, le local, le matériel, puis les chantiers dont le montant dépasse votre capacité à encaisser un imprévu.

Faut-il regrouper toutes ses garanties chez le même assureur ?

Ce n'est ni obligatoire ni toujours souhaitable. Peu de porteurs sont bons sur les huit sujets à la fois, et un tarif décennale compétitif ne préjuge en rien du prix d'une flotte. L'intérêt d'un interlocuteur unique est ailleurs : savoir quel contrat répond à quel sinistre, et éviter qu'une garantie soit payée deux fois pendant qu'une autre manque.

Combien représente l'ensemble de ces contrats dans un budget ?

Il n'existe pas de montant type, et un chiffre annoncé sans rien connaître de votre entreprise ne veut rien dire. La décennale reste presque toujours le poste principal : sur une petite structure, elle se compte en points de chiffre d'affaires, nettement moins sur une activité à faible sinistralité. Ce qui fait bouger la note : les activités déclarées, l'ancienneté, la sinistralité des dernières années, la part de sous-traitance et les capitaux à garantir.

Une entreprise sans salarié ni local a-t-elle besoin d'autre chose que la décennale ?

Souvent oui, sur deux points. Le véhicule et l'outillage, qu'aucune garantie de responsabilité ne couvre : ils se remplacent sur vos fonds propres si rien n'est prévu. Et votre propre revenu en cas d'arrêt de travail, sujet distinct de l'assurance de l'activité. En revanche, la multirisque locaux, la RC produits ou la tous risques chantier peuvent attendre.

Mes contrats n'ont pas la même date d'échéance : est-ce gênant ?

Pas juridiquement, mais c'est inconfortable : vous ne comparez jamais l'ensemble au même moment. L'article L. 113-12 du Code des assurances organise une résiliation à l'échéance annuelle avec un préavis d'au moins deux mois, mais permet d'y déroger pour les risques professionnels. Vérifiez donc dans chaque contrat le préavis et la durée d'engagement qui vous sont opposables. En jouant sur ces échéances et sur des aménagements de date, les contrats se ramènent peu à peu sur une même période de revue.