
Assurance cybersécurité
Devis, plans, données clients : le BTP et l'industrie sont de plus en plus numérisés, et de plus en plus ciblés par la cybercriminalité.
Le BTP et l'industrie se croient à l'écart du risque cyber. Ils ne le sont plus. Un devis se prépare sur un logiciel, un chantier se pilote sur un planning partagé, une maquette BIM circule entre cinq intervenants, un entrepôt tourne avec un système de gestion, un atelier avec des automates. Le jour où ces outils s'arrêtent, l'entreprise ne s'arrête pas à moitié : elle ne sait plus qui doit être où, ni ce qui a été facturé. L'assurance cyber ne protège pas des données au sens abstrait ; elle protège la capacité à continuer de travailler et la trésorerie qui part par un virement détourné. C'est une garantie de continuité, pas une garantie informatique. Encore faut-il que le contrat trouve l'entreprise en état de se défendre : c'est là que beaucoup de dossiers se jouent.
Des risques concrets, pas seulement le piratage spectaculaire
La fraude au président (faux ordre de virement se faisant passer pour un dirigeant ou un fournisseur) touche de nombreuses entreprises du BTP en raison du volume de règlements fournisseurs. Le ransomware, qui bloque l'accès aux fichiers de l'entreprise contre rançon, peut paralyser une activité de plusieurs jours si les devis, plannings et données clients ne sont plus accessibles. La garantie cyber couvre ces deux scénarios, ainsi que la perte ou le vol de données.
Une garantie qui inclut souvent un accompagnement dans la crise
Au-delà de l'indemnisation financière, les contrats cyber incluent fréquemment une assistance technique et juridique en cas d'incident : expert en cybersécurité pour circonscrire l'attaque, accompagnement pour les obligations de notification à la CNIL en cas de fuite de données personnelles, gestion de la communication de crise. Un point souvent décisif pour une PME qui n'a pas les ressources internes pour gérer seule ce type d'événement.
Les conditions déclarées, vérifiées après l'attaque
Un contrat cyber s'appuie sur un questionnaire : sauvegardes, mises à jour, authentification, procédure de validation des paiements. Ce que vous y déclarez devient une condition de la garantie. Une sauvegarde annoncée quotidienne et hors ligne mais restée connectée au réseau sera chiffrée avec le reste. Sur la fraude au virement, la plupart des contrats exigent une procédure de contrôle des changements de coordonnées bancaires : un rappel du fournisseur sur un numéro déjà connu, une double validation au-delà d'un montant. Un virement passé sans respecter cette procédure sort souvent de la garantie. Sont par ailleurs exclues les amendes administratives et la remise à niveau de votre système au-delà de sa remise en état.
Quand la panne vient de votre prestataire
Une grande partie de vos outils ne vous appartient pas. Le logiciel de devis et de facturation, le planning de chantier, l'espace où sont déposées les maquettes, la messagerie : tout cela tourne chez des hébergeurs. Si l'un d'eux est attaqué, votre système reste intact et votre activité s'arrête quand même. Beaucoup de contrats limitent leur garantie à votre propre système d'information et laissent ce cas de côté. Vérifiez donc si l'indisponibilité d'un prestataire est couverte, à partir de combien d'heures et pour quelle durée. Faites la liste de vos dépendances avant d'en discuter : elle est presque toujours plus longue que ce que le dirigeant imagine.
Exemple de sinistre
Ransomware bloquant l'accès aux dossiers chantiers
Une entreprise de gros œuvre voit l'ensemble de ses fichiers (devis, plannings, contacts clients) chiffrés du jour au lendemain par un logiciel malveillant, avec une demande de rançon. L'activité commerciale est paralysée pendant plusieurs jours. La garantie cyber prend en charge l'intervention d'un expert en sécurité informatique, la restauration des données depuis une sauvegarde, et la perte d'exploitation liée à l'arrêt d'activité, pour un montant total d'environ 22 000 €.
Questions fréquentes
Une petite entreprise du BTP est-elle vraiment une cible pour les cyberattaques ?
Oui, les PME sont souvent ciblées précisément parce qu'elles sont perçues comme moins bien défendues que les grandes structures, tout en manipulant des flux financiers et des données clients significatifs.
La garantie cyber couvre-t-elle la fraude au virement bancaire ?
Oui, c'est l'un des sinistres les plus fréquents couverts par les contrats cyber, aux côtés du ransomware et de la fuite de données.
Faut-il des prérequis de sécurité informatique pour souscrire une garantie cyber ?
Certains assureurs demandent des mesures minimales (sauvegardes régulières, antivirus à jour, authentification renforcée). Ces prérequis varient selon la taille de l'entreprise et le niveau de garantie souhaité.
De quoi dépend le coût d'une garantie cyber ?
De quatre éléments, jamais d'un barème. Le chiffre d'affaires et le nombre de postes de travail donnent la taille du risque. Le niveau de plafond et la franchise que vous retenez déplacent ensuite la cotisation dans des proportions importantes. Les mesures en place pèsent lourd : authentification à plusieurs facteurs, sauvegardes déconnectées et testées, gestion des accès. Enfin, l'activité compte — un entrepôt piloté par un système de gestion ou un atelier automatisé n'expose pas le même risque d'arrêt qu'un bureau d'études.
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