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Evolitis Assurances

Guide pratique

Refus d'assurance décennale : comment saisir le Bureau Central de Tarification

Un ou plusieurs assureurs refusent de couvrir votre garantie décennale ? Vous n'êtes pas dans une impasse : le Bureau Central de Tarification (BCT) peut contraindre l'assureur qui vous a refusé à vous garantir, en fixant lui-même la prime. La procédure obéit à des délais stricts — 15 jours pour saisir le BCT après un refus. Voici comment l'utiliser, et ce qu'il faut tenter avant.

Pourquoi un assureur peut refuser de vous assurer en décennale

Un assureur n'a aucune obligation d'accepter votre dossier : il sélectionne librement les risques qu'il couvre. Certains profils sont ainsi régulièrement écartés. C'est le cas des entreprises dont la sinistralité passée est jugée trop lourde, ou de celles qui exercent une activité considérée comme sensible par le marché — étanchéité, reprise en sous-œuvre ou travaux touchant à la structure, par exemple. Le refus n'est pas toujours motivé, mais il traduit une politique de souscription plus stricte sur votre métier.

D'autres situations compliquent la souscription sans qu'aucun sinistre ne soit en cause. Une entreprise nouvellement créée n'a pas d'antécédents d'assurance à présenter ; une entreprise qui a connu une période de non-assurance — après une interruption d'activité ou une résiliation — inspire la méfiance des souscripteurs ; enfin, le recours à des techniques non courantes, qui sortent des référentiels habituels du bâtiment, dépasse le cadre que la plupart des assureurs acceptent de tarifer.

Le BCT, une autorité qui peut contraindre l'assureur à vous garantir

Le Bureau Central de Tarification est une autorité administrative prévue, pour l'assurance construction, par les articles L243-4 à L243-6 du code des assurances. Son rôle est unique : lorsqu'un assureur refuse de couvrir un risque soumis à une obligation d'assurance, le BCT peut le contraindre à accorder sa garantie, en fixant lui-même le montant de la prime. L'assureur ne peut pas s'y soustraire : la décision du Bureau s'impose à lui.

Attention au périmètre : le BCT n'intervient que pour les assurances obligatoires. En construction, cela vise la garantie décennale des constructeurs et l'assurance dommages-ouvrage des maîtres d'ouvrage. Votre responsabilité civile professionnelle, vos garanties de matériel ou votre protection juridique, facultatives, restent hors de son champ : aucun assureur ne peut être contraint de vous les accorder par cette voie.

Les conditions pour saisir le BCT

Première condition : avoir réellement essuyé un refus. Vous devez avoir adressé à un assureur une demande de garantie décennale, et cet assureur doit l'avoir refusée. Le refus peut être explicite — un courrier ou un courriel de rejet — mais le silence vaut aussi refus : si l'assureur ne répond pas dans les 45 jours suivant la réception de votre demande de garantie adressée par lettre recommandée avec accusé de réception, vous êtes réputé avoir essuyé un refus et pouvez saisir le BCT.

Le délai de saisine est court : vous disposez de 15 jours à compter du refus (ou de l'expiration du délai de 45 jours) pour saisir le BCT, par lettre recommandée avec accusé de réception. Votre dossier doit comporter la copie de votre demande de garantie, la preuve du refus ou du silence de l'assureur, et les informations décrivant votre activité : métiers exercés, chiffre d'affaires, effectifs, antécédents d'assurance et de sinistralité.

Ce que décide le BCT — et ce que l'assureur doit accepter

Le BCT ne choisit pas un assureur à votre place : il statue sur l'assureur que vous avez sollicité et qui a refusé. Sa décision fixe le montant de la prime moyennant laquelle cet assureur est tenu de vous garantir. Le refus n'est plus possible : la garantie décennale doit être délivrée aux conditions tarifaires arrêtées par le Bureau.

Deux précisions importantes. D'une part, le BCT peut assortir sa décision d'une franchise qui restera à votre charge en cas de sinistre. D'autre part, la garantie imposée couvre l'obligation légale d'assurance — la responsabilité décennale — et rien de plus : les garanties complémentaires, comme le bon fonctionnement, les dommages immatériels ou la RC professionnelle, ne sont pas concernées et restent à négocier librement avec l'assureur.

Les limites du recours au BCT — et ce qu'il faut tenter avant

Le BCT est un filet de sécurité, pas une solution de confort. La procédure est formaliste — délais stricts, dossier complet, recommandé avec AR — et son instruction prend du temps, période pendant laquelle vous ne pouvez pas ouvrir de chantier sereinement. Surtout, la prime fixée n'est pas nécessairement avantageuse : le Bureau tarife un risque qu'aucun assureur n'a voulu prendre, et le montant retenu peut se révéler élevé, avec une franchise à votre charge.

Avant d'en arriver là, multipliez les tentatives de placement. Un courtier spécialisé en risques construction, comme Evolitis, connaît les compagnies qui acceptent les profils atypiques — activités sensibles, entreprises nouvelles, reprises après interruption — et sait présenter votre dossier sous l'angle qui rassure un souscripteur. Dans de nombreux cas, un placement négocié reste préférable à une garantie imposée. Et dans tous les cas, conservez une trace écrite datée de chaque demande et de chaque refus : c'est elle qui ouvrira, au besoin, la voie du BCT.

La démarche, étape par étape

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    Adressez une demande écrite de garantie

    Sollicitez formellement un assureur pour votre garantie décennale par lettre recommandée avec accusé de réception : c'est la réception de cette demande qui fait courir le délai de 45 jours, et le BCT exigera la preuve de votre demande et de sa date. Décrivez précisément vos activités, votre chiffre d'affaires et vos antécédents.

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    Constatez le refus

    Le refus peut être explicite (courrier ou courriel de rejet) ou résulter du silence de l'assureur pendant plus de 45 jours après votre demande de garantie. Datez précisément ce refus : c'est lui qui fait courir le délai de saisine du BCT.

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    Réunissez votre dossier

    Rassemblez la copie de votre demande de garantie, la preuve du refus ou du silence (courriers, accusés de réception) et les éléments décrivant votre entreprise : activités exercées, effectifs, chiffre d'affaires, antécédents d'assurance et de sinistralité. Un dossier incomplet retarde l'instruction.

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    Saisissez le BCT sous 15 jours

    Envoyez votre dossier au Bureau Central de Tarification par lettre recommandée avec accusé de réception, dans les 15 jours suivant le refus. Ce délai est impératif : une saisine tardive risque d'être jugée irrecevable, et il faudrait alors reprendre la procédure depuis le début.

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    Recevez la décision et souscrivez

    Le BCT instruit le dossier puis fixe la prime à laquelle l'assureur sollicité est tenu de vous garantir, le cas échéant avec une franchise à votre charge. La garantie est ensuite délivrée aux conditions arrêtées : vous pouvez souscrire et reprendre vos chantiers en étant assuré.

Questions fréquentes

Le BCT peut-il obliger n'importe quel assureur à me couvrir ?

Non. Le BCT ne désigne pas librement un assureur : il statue sur celui que vous avez vous-même sollicité et qui a refusé de vous garantir, ou qui n'a pas répondu dans les 45 jours. C'est cet assureur-là, et lui seul, qui sera tenu de délivrer la garantie décennale au tarif fixé par le Bureau. D'où l'intérêt de choisir avec soin l'assureur auquel vous adressez votre demande.

Le BCT couvre-t-il aussi ma RC professionnelle ?

Non. Le BCT n'intervient que pour les assurances rendues obligatoires par la loi : en construction, la garantie décennale et l'assurance dommages-ouvrage. Votre responsabilité civile professionnelle, facultative, n'entre pas dans son champ. Si le marché vous refuse une RC pro, la seule voie reste la négociation, le plus souvent avec l'aide d'un courtier spécialisé qui connaît les assureurs ouverts à votre profil.

Combien coûte la prime fixée par le BCT ?

La prime est fixée au cas par cas, en fonction du risque présenté : il n'existe pas de tarif annoncé à l'avance. En pratique, elle est rarement avantageuse — le Bureau tarife un risque que le marché a refusé — et peut s'accompagner d'une franchise restant à votre charge. C'est pourquoi le BCT doit rester un dernier recours, après avoir épuisé les possibilités de placement classiques.

Puis-je continuer mes chantiers pendant la procédure BCT ?

Pas sans assurance. La garantie décennale doit être en place à l'ouverture du chantier : démarrer des travaux sans être couvert vous expose à des sanctions pénales et vous laisse sans garantie pendant dix ans sur ces ouvrages. Pendant l'instruction de votre dossier, n'ouvrez aucun nouveau chantier soumis à l'obligation d'assurance, et informez vos clients d'un éventuel décalage de planning.

Que se passe-t-il si l'assureur refuse d'appliquer la décision du BCT ?

Il n'en a pas le droit. La décision du BCT s'impose à l'assureur désigné : il est tenu de garantir le risque au tarif fixé. L'article L243-6 du code des assurances prévoit qu'une entreprise d'assurance qui maintient son refus de garantir un risque dont la prime a été fixée par le BCT est considérée comme ne fonctionnant plus conformément à la réglementation en vigueur et encourt le retrait de son agrément administratif. En pratique, les décisions du Bureau sont appliquées.

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